chromatique

La construction de mon travail photographique est liée principalement à deux moyens ‘hasardeux’ et cycliques : la lumière naturelle et celle artificielle crée par l’urbanisme. Elle construit depuis notre enfance notre vision des choses, des couleurs. Qui seront ensuite modifier très rapidement par l’accès culturel et technologique que nous donne le vingt-et-unième siècle.

Mon travail iconique mélange nos créations sociales et habitats (villes, villages, routes) tout en essayant d’y inclure des éléments naturels. C’est pour y amener un aspect organique. Créer une ponctuation dans l’image. Et surtout refléter un réalisme. Que je finalise avec la plasticité qui est face à moi, et notamment la couleur. Dans mes photographies, je peux jouer avec le soleil, pour donner de l’éclat, la rendre neutre avec un temps couvert ou travailler l’ambiance avec son absence (les lumières artificielles de la nuit). La lumière donne les couleurs et de là en découle une ambiance.

Cette ambiance me permet de faire voyager le spectateur avec ses propres souvenirs, son vécu, et réaliser son histoire. La couleur est quelque chose qui ravive l’esprit, nous donne des clés car nous y sommes habitués. Si je perds cela, je plonge le spectateur dans un imaginaire total qui est à l’opposé de jouer avec les souvenirs du spectateur.  La couleur peut selon les artistes, exprimer une réalité ou un fantasme. Il n’y a plus de règles avec la couleur et la photographie, c’est une expérimentation. 

 

 

 

Wolfgang Tillmans l’a bien compris, pour lui la photographie importe plus que la simple réalité. Elle permet d’élargir son champ de création visuelle, de jouer avec les possibilités infinis que propose les images. Il questionne notre perception de la couleur et du visible à travers un large champ de sujets photographiques.

 

 

 

 

 

 

William Eggleston a inventé la photographie couleur moderne, représentant l’Amérique limite ‘pop’ si on la regarde aujourd’hui. Il a inscrit a lui seul une idée de ce que l’on retient de l’Amérique des années soixante-dix et quatre-vingt.

 

 

 

 

 

 

 

 

La couleur peut nous emmener ailleurs, viser un côté ‘avant gardiste’. Comme le travail de Jennifer Bin, qui photographie des ‘futurescape’. A défaut d’avoir banalisé la couleur, elle joue avec elle pour la transcender, la voir autrement et pousser une atmosphère très synthétique. 

J’apprécie énormément les lumières ‘synthétiques’ que l’Amérique et l’Asie nous ont donnés avec leurs néons, que l’on retrouve partout désormais. C’est comme un rappel dans la nuit qui appelle à vivre. C’est un style à la fois du passé, et du futur (les villes imaginées dans Ghost In The Shell ou la série vidéo ludique Deux Ex).

 

 

 

Dans le cinéma, un réalisateur danois lui l’utilise au présent, pour mixer réel et fantasme : Nicolas Winding Refn. Drive est l’exemple parfait de sa filmographie fusionnant l’esthétisme et l’émotion, les années 1980 et les 2000. Le passé et le présent. Les souvenirs et l’habitude. La couleur nous donne tout cela. Le chef opérateur Newton Thomas Sigel livre un travail remarquable avec des intérieurs lumineux, des nuits sous néons, traversées par un héros mystérieux, hypnotisant où chaque plan amène émotion et violence à se croiser. Le silence dans les plans s’installe jusqu’à exploser. Une histoire de contraste encore, de ponctuation. C’est ce genre de dualité que je construis dans mes photographies avec la couleur comme un des supports.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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